Combien de temps un gérant de flotte perd sur le dispatch
En résumé
Combien d'heures par semaine un gérant de flotte perd sur le dispatch manuel ? Le calcul heure par heure, le coût réel et le temps récupéré avec un dispatch centralisé.
Dans cet article... +
Le dispatch manuel, ce n'est pas 5 minutes par course
Demandez à un gérant de flotte combien de temps lui prend le dispatch. La réponse tombe vite : « cinq minutes par course, à tout casser ». C'est l'estimation la plus répandue, et c'est aussi la plus fausse. Parce que dans ces cinq minutes, il ne compte que le moment où il parle au chauffeur. Tout le reste, il ne le voit même plus : c'est devenu un réflexe, donc invisible.
Sauf qu'une affectation manuelle, ce n'est jamais un seul geste. C'est une chaîne : lire la demande qui arrive (par téléphone, par mail, par WhatsApp, ou sur une plateforme), se souvenir de qui est libre à cette heure-là, appeler ou écrire au chauffeur, attendre qu'il réponde, relancer quand il ne répond pas, confirmer au client, puis noter quelque part que la course est attribuée. Chaque maillon paraît minuscule. Additionnés, ils racontent une autre histoire.
Dans cet article, on va dérouler le calcul heure par heure, sans arrondir en votre faveur. Pas pour vous faire peur, mais parce que la plupart des gérants qui pensent « ça va, on gère » n'ont jamais posé les vrais chiffres sur la table. On va compter les courses, les relances, les pics, et mettre un prix sur votre heure. À la fin, vous aurez une méthode simple pour mesurer votre propre temps perdu, ce soir, avec une feuille et un chrono.
Étape 1 : affecter une course à la main (le vrai chrono)
Prenons une course classique, un mardi après-midi, sans stress. La demande arrive par téléphone : 1 minute pour décrocher, écouter, noter l'adresse de départ, l'arrivée, l'heure, le nombre de passagers. Si la demande arrive par mail ou WhatsApp, c'est souvent plus long, parce qu'il faut répondre, demander une précision, attendre la confirmation. Comptons 1 minute 30 en moyenne, tous canaux confondus.
Ensuite, il faut trouver le bon chauffeur. Le gérant ouvre son tableur, son agenda, ou sa mémoire. Il vérifie qui est en service, qui est proche du point de départ, qui n'a pas déjà une course à la même heure. Ça, c'est 45 secondes dans le meilleur des cas, 2 minutes quand la flotte grossit et que les plannings bougent.
Puis l'appel au chauffeur : 30 secondes pour composer et expliquer la course. Et là, le vrai piège : l'attente. Le chauffeur ne décroche pas toujours. Il conduit, il est en course, il est en pause. Il faut rappeler, ou envoyer un message et attendre la réponse. En moyenne, comptez 1 minute 30 entre le premier appel et la confirmation du chauffeur, avec une relance dans un cas sur trois.
Reste la confirmation au client : un SMS ou un appel, 30 secondes. Et la mise à jour du planning, 20 secondes. Total réaliste : entre 4 et 6 minutes par course, en régime calme. Sur une journée de 25 courses, ça fait déjà 2 heures. Sur une grosse journée à 40 courses, on monte à 3 heures et demie. Et on n'a encore compté aucune relance, aucun imprévu, aucun pic.
Étape 2 : les relances et les confirmations qui s'empilent
Le vrai coût du dispatch manuel n'est pas l'affectation. C'est tout ce qui tourne autour, et qui n'apparaît dans aucun calcul. Le chauffeur qui n'a pas répondu et qu'il faut relancer dix minutes plus tard. Le client qu'il faut prévenir parce que le chauffeur a du retard. Le désistement de dernière minute qu'il faut absorber en rappelant trois chauffeurs pour trouver un remplaçant. La course annulée qu'il faut recaler, retirer du planning, et parfois refacturer.
Ces micro-tâches ont une particularité : elles arrivent en rafale, jamais à un moment choisi. Vous êtes en train de préparer une facture, le téléphone sonne, un chauffeur ne trouve pas son client, un autre demande sa pause. Chaque interruption vous coûte non seulement sa durée, mais aussi le temps de recharger votre attention sur ce que vous faisiez avant. Les études sur le sujet sont claires : après une interruption, il faut plusieurs minutes pour retrouver son niveau de concentration.
Concrètement, ces relances et confirmations représentent facilement 30 à 45 minutes par jour dans une flotte de 10 à 15 chauffeurs. Ça ne paraît pas énorme sur une journée. Mais ramené au mois, c'est une quinzaine d'heures, soit presque deux journées de travail entières passées à courir après des informations que vous devriez déjà avoir sous les yeux. Et ce temps-là, personne ne le facture.
Étape 3 : le coût horaire réel du gérant
Maintenant, mettons un chiffre sur votre heure. Trois façons de le calculer, et elles donnent toutes le même ordre de grandeur. Première méthode : ce que vous facturez. Si votre tarif moyen est de 40 € la course et qu'une course prend 45 minutes, votre heure vaut environ 50 €. Deuxième méthode : ce que vous pourriez facturer. Une heure passée au dispatch, c'est une heure où vous ne répondez pas à un devis B2B, où vous ne relancez pas un compte entreprise. Troisième méthode : le coût de remplacement. Un dispatcheur salarié coûte entre 15 et 20 € de l'heure chargée. C'est le prix plancher de votre temps.
Prenons l'hypothèse la plus prudente : 20 € de l'heure. Avec 2 heures de dispatch par jour en régime normal, plus 40 minutes de relances, on est à 2 heures 40 par jour, soit environ 13 heures par semaine. Multipliez par 20 € : 260 € par semaine. Sur un mois, ça fait plus de 1 000 €. Sur une année, plus de 12 000 €.
Et si on prend votre vraie valeur, celle que vous facturez, on double ou triple ce chiffre. Le point important n'est pas le montant exact, c'est ce qu'il représente : ce temps n'est pas seulement perdu, il est retiré à autre chose. À la prospection. Au suivi de vos clients entreprise. Au développement de votre activité. C'est le même constat que dans notre article sur combien la gestion administrative de votre flotte VTC vous coûte : le coût caché n'est jamais dans la ligne comptable, il est dans ce que vous ne faites pas.
Les pics d'activité : le moment où tout s'écroule
Le calcul précédent vaut pour une journée normale. Le problème, c'est que les journées normales ne sont pas celles qui comptent. Les vrais moments de la semaine, ce sont le vendredi soir, les sorties de gare et d'aéroport, les salons, les grèves de transport, la nuit du 31. Des moments où les demandes n'arrivent plus une par une, mais par paquets de cinq.
Dans ces moments-là, le temps par course ne double pas, il explose. Parce que vous ne pouvez pas traiter deux demandes en même temps. Vous mettez la première en attente, vous répondez à la deuxième, le chauffeur de la première vous rappelle, le client de la troisième s'impatiente. Vous affectez mal, parce que vous affectez vite. Vous oubliez une course, parce qu'elle est notée sur un coin de feuille. Et parfois, le client rappelle une autre société, parce qu'il n'a pas eu de confirmation.
C'est exactement là que le gérant se dit « ça va, on gère ». Il gère, oui, mais à quel prix : une course oubliée, un client perdu, un chauffeur qui tourne à vide, une soirée entière passée le téléphone collé à l'oreille. Un seul vendredi raté peut coûter plus cher que plusieurs mois d'abonnement à un outil. Le seuil critique arrive plus vite qu'on ne le croit : dès qu'il y a plus de demandes simultanées que de personnes pour les traiter, le système manuel casse. Et ce seuil, la plupart des flottes le franchissent autour de 20 à 25 courses par jour.
Ce que devient ce temps avec un dispatch centralisé
Reprenons le même mardi, mais avec un dispatch centralisé. La demande arrive dans un seul écran, qu'elle vienne du téléphone, du site, d'un mail ou d'une plateforme. Vous voyez d'un coup d'œil les chauffeurs disponibles, leur position, leur statut. Vous affectez la course en quelques secondes, pas en quelques minutes. Le chauffeur reçoit la course sur son application, avec l'adresse, le client, l'heure. Il accepte d'un tap.
Le client, lui, est notifié automatiquement : confirmation, nom du chauffeur, suivi GPS en temps réel. Fini les appels « t'es où ? », fini les relances pour savoir si la course est bien prise en charge. Le suivi GPS remplace la moitié de vos appels, et la notification automatique remplace l'autre moitié. C'est le principe même d'un dispatch qui fonctionne : affecter une course en moins de 2 minutes, sans téléphone, sans tableur, sans y penser deux fois.
Faisons le calcul. Sur les 2 heures 40 quotidiennes, un dispatch centralisé en récupère facilement 2 heures. Sur une semaine, c'est 10 heures. Sur un mois, 40 heures, soit une semaine de travail complète. Quarante heures que vous pouvez réinvestir dans la prospection des comptes B2B, dans les appels à vos clients réguliers, dans le développement de votre activité. C'est précisément le raisonnement qu'on déroule dans combien de courses par jour pour rentabiliser un logiciel VTC : à partir d'un certain volume, l'outil ne coûte rien, il rapporte.
Le calcul à faire chez vous, ce soir
Pas besoin de me croire sur parole. Faites le calcul vous-même, ce soir, avec trois chiffres. Premier chiffre : le nombre de courses de votre journée. Prenez hier, ou un jour moyen de la semaine dernière. Deuxième chiffre : chronométrez trois affectations, du moment où la demande arrive à celui où le client est confirmé. Chronométrez vraiment, pas de mémoire. Troisième chiffre : votre coût horaire, celui que vous facturez ou celui d'un dispatcheur salarié.
Multipliez le temps moyen par le nombre de courses, ajoutez les relances, multipliez par votre coût horaire, puis par le nombre de jours travaillés dans le mois. Le résultat va probablement vous surprendre. Comparez-le au prix d'un abonnement logiciel, qui démarre à quelques dizaines d'euros par mois. La question ne sera plus « est-ce que ça vaut le coup », mais « pourquoi je ne l'ai pas fait avant ».
Si vous voulez voir à quoi ressemble un écran de dispatch en vrai, sans engagement et sans discours commercial, demandez une démo Chauffleet. On vous montre l'outil, vous jugez par vous-même. Pas de promesse magique : juste votre flotte, vos courses, et le temps que vous pourriez récupérer.
Questions fréquentes
Tout dépend du nombre de courses et du canal de réception des demandes. Sur une flotte de 10 à 15 chauffeurs avec 25 à 40 courses par jour, comptez entre 2 heures et 3 heures 30 de dispatch pur, plus 30 à 45 minutes de relances et confirmations. Une journée calme tourne autour de 2 heures 30, une grosse journée peut dépasser les 4 heures.
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